Mai 1957

 

 

 

page de garde du site

 

 

1 Mai 19.57 :

Rien.

 

2 Mai 1957 :

7 militaires victimes d'une embuscade en Oranie.

Un caïd, qui était le chef clandestin du F.L.N. dans la région, arrêté à Maréchal- Foch avec de nombreux complices.

A Constantine, grenade dans un marché : une jeune fille meurt, 60 blessés.

Un livreur assassiné à Tlemcen.

 

3 Mai 19.57 :

Rien.

 

4 Mai 1957 :

Demographie:

LES RESULTATS DE L'OEUVRE MEDICO-SOCIALE

Telle qu'elle est, l'oeuvre médico-sociale réalisée, a donné d'appréciables résultats qu'il importe de préciser:

I. LA BAISSE DE LA MORTALITE

Si les taux de mortalité générale sont passés de 20,1 0/00 en 1901, à 16,50/00 en 1936, c'est surtout depuis 20 ans, et en raison des progrès immenses de la thérapeutique anti-infectieuse, que la baisse de la mortalité, s'est accentuée, passant en 1953 à 12,80/00 dans la population musulmane, et à 8,8 0/00 dans la population européenne.

Les chiffres ci-dessous concernant la population musulmane, montrent l'abaissement considérable de la mortalité dans le courant des sept dernières années, et plus spécialement la chute spectaculaire survenue de 1947 (182.986), à 1949 (112.806) pour se maintenir ensuite sensiblement à ce niveau.

 

DANS LA POPULATION MUSULMANE

Année Naissances Total ......Excédent

…..…..vivantesdes décès

1947 330.801 182.986 147.815

1948 331.045 149.580 181.465

1949 259.634 112.806 146.828

1950 306.808 114.320 192.488

1951 324.171 111.197 212.974

1952 339.818 105.601 234.217

1953 343.100 109.978 233.122

1954 363.042 114.869 248.173

Il s'agit d'ailleurs là d'un phénomène mondial particulièrement apparent dans les pays économiquement sous-développés, qui brusquement ont bénéficié des progrès de la science médicale, et de leur large diffusion. L'exemple de CEYLAN est typique où en l'espace de trois campagnes anti-paludiques à l'aide de D.D. T., le taux de mortalité est tombé de 20,3 0/00 en 1946, à 10,9 0/00 en 1953.

Ce phénomène récent est contemporain en Algérie de la disparition des grandes épidémies, notamment du Typhus et de la Variole, survenue après celle du choléra et de la peste, et de la quasi-disparition de la Syphilis et du Paludisme. Mais cette baisse de mortalité générale tient d'abord à une baisse de la mortalité obstétricale, qui augmente de ce fait les possibilités de la natalité. Ce sont ensuite les progrès de l'hygiène du premier âge et de la pédiatrie, qui concourent à abaisser la mortalité infantile, encore élevée en milieu rural mais très abaissée en milieu urbain. Enfin, l'instruction du Régime de Sécurité Sociale a contribué à améliorer la qualité des soins et à multiplier le nombre des prestations, donc à élever le niveau de santé moyen de la population musulmane, et à augmenter considérablement l'espérance de vie à la naissance.

 

II- L'EXPANSION DEMOGRAPHIQUE

Est la conséquence directe de la baisse de la mortalité, car tout problème de population étant la résultante de l'équilibre entre la natalité et la mortalité, c'est finalement la baisse brutale de la mortalité coïncidant avec le maintien d'une surnatalité constante, qui est la cause profonde de la surpopulation actuelle. Les données précédentes, relatives à la population musulmane, et celles ci-dessous concernant la population européenne, l'établissent très nettement.

DANS LA POPULATION EUROPEENNE

Excédent des naissances sur les décès

1947 9.831

1948 10.785

1949 11.106

1950 10.648

1951 10.435

1952 10.982

1953 10.175

1954 10.591

 

Alors que dans la population européenne, l'excédent a oscillé autour de 10000, soit un taux moyen annuel de 1%; dans la population musulmane, cet excédent, pendant la même période, a régulièrement progressé de 147.815 à 248.173, ce qui constitue un taux annuel de 2,5 à 3%: un des plus élevés du monde. Cette extraordinaire expansion démographique est donc pratiquement le fait de la seule population musulmane.

Quelques comparaisons permettront de se faire une idée plus exacte de l'ampleur du problème. Cet excédent annuel, déjà supérieur à 250.000 (258764 en 1954), est du même ordre de grandeur que celui de la Métropole (245.000 en 1953, pour 247.000 en France (42 millions), la même année) et il représente 1% de l'accroissement de la population mondiale, dont l'Algérie ne constitue que moins de 3 milliéme. Signalons que pour l'année 1956, en France métropolitaine, l'excédent des naissances sur les décès a été évalué à 260.000.

Les conséquences sont connues de tous.

En 1956, la population musulmane approche de 9.000.000, et la population européenne a dépassé 1.000.000. La population de l'Algérie a doublé depuis 1900, alors que celle de la France n'a augmenté que de 7% et à ce rythme, elle atteindrait 15 millions dans 20 ans, et à la fin du siècle, 21.500.000, dont 20.000.000 de Musulmans. Augmentant dans les mêmes proportions, la population métropolitaine dépasserait 86 millions en 1980. La progression actuelle équivaut déjà pour l'Algérie, à près de 700 bouches nouvelles à nourrir chaque jour.

Le surpeuplement qu'elle entraîne, bien que relatif, est incontestable, car si l'Algérie, grande comme 35 Départements français, est actuellement peuplée comme 20, il ne faut pas oublier que les conditions géographiques imposent une répartition très inégale de la population. C'est ainsi que le 1/6 de la population (au lieu de 1/15 en 1866) habite dans les 47 villes les plus importantes, où se multiplient les bidonvilles, et d'autre part, certaines régions montagneuses de Kabylie ont déjà atteint des densités comparables à celles de la Hollande.

Quant aux conséquences de ce surpeuplement, elles sont extrêmement graves, car les résultats obtenus par l'expansion économique se trouvent constamment remis en cause et finalement, il s'en suit un abaissement progressif du niveau de vie moyen, déjà inférieur au 1/4 du niveau moyen métropolitain. On sait en effet que plus de la moitié de la population musulmane a moins de 20 ans, ce qui fait dire que l'Algérie est un des pays les plus jeunes du monde. La contrepartie est hélas beaucoup moins réjouissante, car il faut logiquement commencer par scolariser cette jeunesse que l'on veut évaluer à environ 2.000.000, puisque l'on estime qu'un Musulman sur 4 a entre 6 et 14 ans. Il faudra ensuite trouver du travail et des débouchés à cette masse instruite, ce qui suppose la réalisation rapide d'un vaste programme d'expansion économique.

Mais si la baisse brutale et récente de la mortalité générale, dont sont responsables les progrès de la Médecine, est la cause immédiate du surpeuplement, l'autre aspect du problème n'est pas moins inquiétant: c'est le maintien d'un taux de natalité excessif. Les chiffres d'un précédent tableau ont montré que depuis 7 années, les naissances vivantes en milieu musulman ont oscillé autour du chiffre moyen de 330.000 avec une légère dépression en 1949 et 1950, soit proportionnellement plus qu'aux Indes, au Japon ou en Chine. Le calcul pour l'année 1953: 336.000 pour une population de 8.263.000, donne un taux de natalité de 40 0/00. Pour l'année 1954: 363.000 pour 8.450.000, le calcul donne un taux de 42,9 0/00. Et M. Breuil écrit: "en milieu musulman, le taux de natalité paraît s'établir au niveau de 40 à 50 pour mille, caractéristique de l'absence à peu près complète de mesures contraceptives".

Disons que la natalité demeure très proche du maximum physiologique. .Pour donner un point de comparaison: à un taux de natalité égal, le chiffre des naissances en France serait élevé en 1955 à plus de 2.000.000 au lieu de 800.000.

Nous n'entrerons pas ici dans le détail des causes de cette surnatalité, qui tiennent à l'encouragement religieux, aux moeurs, et à certaines incidences psychologiques, économiques et sociales. Disons simplement que cette surnatalité ne se justifie plus.

Là où, aux premiers siècles de notre ère, cette surnatalité était une nécessité pour assurer la survivance de l'espèce, spécialement dans les régions déshéritées, la baisse médicale de la mortalité rend maintenant cette surnatalité inutile et dangereuse. .Sauvy, dans une étude très suggestive, reprend à ce sujet un tableau, dû à L. Henry, comparant deux populations, l'une de type non évolué, à forte mortalité et forte fécondité (France au XVIIIème siècle), et l'autre de type évolué (Europe en 1950). Il constate que finalement, avec une stérilité volontaire de 66 % dans le mariage, la population évoluée occidentale du Xxème siècle retrouve le même taux de remplacement que la population non évoluée, soit un taux de reproduction nette compris entre 1,10 et 1,15. Ce qui lui permet de conclure par cette formule:

" Ainsi les diverses modifications survenues, dont la principale est la baisse de la mortalité, permettent de "supprimer" deux grossesses sur trois, tout en arrivant au même résultat".

 

Le drame des pays actuellement sous-développés est précisément qu'ils sont passés sans transition ou presque du stade de surmortalité à une mortalité égale, voire inférieure, du fait de la répartition des âges, à celle des pays développés. Inconscients de ce bouleversement mondial, ces pays continuent par tradition ancestrale à maintenir une surnatalité devenue anachronique. La difficulté réside justement dans la prise de conscience collective de cette révolution. Nous ne traiterons pas ici des remèdes que l'on peut envisager, ce qui nous emmènerait très loin et dépasserait le cadre de cet article.

Nous dirons seulement en conclusion, que si les Médecins et Hygiénistes français doivent être fiers de l'oeuvre réalisée en Algérie en un siècle d'efforts, ils ne doivent plus se contenter de leur mission traditionnelle: soulager et si possible guérir. L'oeuvre médico-sociale est à l'origine d'un véritable péril démographique, du fait que l'expansion économique n'a pas pu suivre les progrès et les réalisations obtenues dans le domaine de la Santé Publique. Il en va de même dans tous les pays économiquement sous-développés, qui ont bénéficié en priorité de l'aide médicale, ce qui n'a pas permis d'élever le niveau de vie moyen puisqu'en même temps se multipliait le nombre de bouches à nourrir.

Paradoxalement, le progrès médical apparaît donc comme un obstacle au relèvement du niveau de vie. Certes, l'expansion économique apparaît comme le remède théorique idéal, et d'ailleurs hors de la compétence médicale. Toutefois, ce serait une erreur, d'ailleurs souvent commise, de compter sur ce seul facteur économique pour résoudre ce difficile problème. Toutes les disciplines sont maintenant intimement liées, et les Médecins, dans le cours de cette seconde moitié du XXème siècle, devront se persuader du retentissement de leur action dans le domaine économique, et prévoir d'ailleurs toutes les répercussions de la science médicale.

C'est pourquoi, ils seront obligés de devenir aussi des éducateurs de ces populations qui continuent par tradition ancestrale à maintenir une surnatalité anachronique et dangereuse. Leur mission est certes de protéger la vie, mais elle est aussi de veiller à la qualité des êtres humains, et de faire comprendre que cette qualité importe plus que la quantité. L'accroissement actuel de la population humaine est un fait unique dans l'histoire du monde, auquel il n'est que trois solutions: soit la réduction mondiale volontaire du taux de natalité, ce qui rétablirait l'équilibre, soit la continuation de l'accroissement avec le retour à la mortalité par famines et épidémies, soit enfin des guerres de plus en plus meurtrières. La première solution est, quoi qu'on puisse dire, à la fois la plus morale et la plus raisonnable.

Des Pays musulmans l'ont compris, puisque dans un quotidien du Caire du 22-12-55, on pouvait lire: "La limitation des naissances est un acte social. L'opinion de la religion musulmane à ce sujet est représentée par le principe de l'Islam qui dit que la fin justifie les moyens. Elever le niveau de vie ne pourra se faire qu'en supprimant la menace d'une surpopulation toujours croissante, suscitant des problèmes toujours nouveaux, et ruinant tout le bienfait des efforts d'accroissement des ressources".

Puissions-nous, en cette période de réformes, tout mettre en oeuvre pour parvenir à ce résultat, qui en conditionne tant d'autres.

Docteur Pierre MICHAUX, Professeur à la faculté de médecine d'Alger Article paru dans "Algérie Médicale", vol. 61, 1957

 

5 Mai 19.57 :

 Rien.

 

 6 Mai 1957 :

Rien.

 

7 Mai 1957 :

 Six fermes attaqués à Sidi-bel-Abbés.

Un ouvrier agricole assassiné à Perregaux.

Un médecin, très estimé à cause de son dévouement envers les musulmans assassiné à Guelma.

 

LA HARKA DE SIDI YAHIA

La harka de Sidi Yahia constitua, dès ses premières heures, un bordj pilote pour toute l'Algérie et les généraux Allard et Massu y vinrent fréquemment prendre le pouls de la population.

Cette région qui comptait trois mille âmes et couvrait près de 180 km2 n'était défendue, tout d'abord que par une section d'appelés et un officier S.A.S. qui devaient aussi protéger des populations accrochées à plus de 1200 mètres d'altitude. Sur ces mechtas, les rebelles levaient leur ravitaillement.

L'officier décida donc de regrouper les populations isolées autour du bordj et la confiance revint.

Quatre-vingt-cinq musulmans se proposèrent pour participer au défilé du 7 mai 1957, arborant fièrement leurs décorations. Pourtant la veille, une femme avait été égorgée en signe d'avertissement. Dès ce moment, la section d'appelés du contingent utilisa les volontaires musulmans pour répondre à la guérilla par la guérilla. Des patrouilles mixtes (Français- musulmans) circulaient la nuit, dans le secteur, démantelant le F .L.N .sur son propre terrain. Des bouts de laine accrochés aux arbustes permettaient de savoir, lorsqu'ils avaient bougé, que les rebelles passaient par cet endroit. Pour les patrouilles de nuit, ces commandos utilisaient une arme ancestrale, la sarbacane avec laquelle ils envoyaient sur les maisons des petits sachets de poivre qui faisaient taire les chiens.

 La harka de cinquante hommes construisit les écoles du bordj, les pistes, les routes. On les voyait partir à trois ou quatre en tournée médicale avec le toubib, là où nul n'osait s'aventurer. Le médecin n'était d'ailleurs qu'un officier rappelé qui avait effectué à la hâte un stage d'attaché médical aux affaires indigènes. Il portait la barbe et les paysans avaient surnommé le lieutenant "Boulahya" (barbu en arabe). Il avait si bien conquis les coeurs que malgré les traditions musulmanes qui veulent qu'aucun coreligionnaire ne soient présent lors d'un accouchement, les chefs de familles avaient accepté que deux ou trois harkis assistent. L'amour que portait la population à cet officier était tel que le F.L.N. décida de le capturer.

Un dimanche matin, alors qu'il se rendait seul et sans arme dans la montagne pour un cas d'urgence, il fut entouré par une bande rebelle forte de soixante-trois hommes commandés par Alikouider :

- On t'aime beaucoup dans la région, Boulahya, mais nous on t'aime pas parce que tu fais bien ton travail. On admire ton courage. Je ne vais pas te faire tuer tout de suite parce que tu as soigné ma mère... On te tuera plus tard...

Pendant trois mois, cet officier français subit la loi des tueurs du djebel, se terrant le jour, marchant la nuit sans relâche. On lui avait volé ses chaussures et pieds nus, il parcourait parfois plus de trente kilomètres, sans halte, portant le ravitaillement. A plusieurs reprises, lors d'accrochages, il vit des soldats français à moins de dix mètres, mais la mitraillette qu'on lui pointait dans le dos l'obligeait au silence. Un jour pourtant, il parvint à échapper à la sentinelle qui le gardait. Pendant sa captivité, il assista à une scène montrant bien l'attitude du F.L.N. vis-à-vis des harkis prisonniers. On n'était qu'en 1957. Une troupe du secteur avait accueilli dans les rangs de sa harka un rebelle Abderramane qui, à quelque temps de là, tomba dans une embuscade. En présence des soixante-trois fellagha et de l'officier français, Kouider dit au prisonnier :

- Emchi takoul el khoubz! (Va manger du pain!)

Au moment où il se baissait, le harki fut abattu d'une balle dans la nuque.

Au bordj, la harka, qui n'était pas encore officiellement reconnue, n'avait pas attendu pour donner des preuves éclatantes de son courage et de son dévouement.

(…)

En février 1957, un jeune soldat du contingent, originaire de Caen se perdit, au cours d'une opération, dans le brouillard toujours très dense à cet endroit. Volontaires, trois harkis partirent à sa recherche. Un seul d'entre eux revint traînant sur son dos le soldat épuisé. Les deux autres avaient été exterminés par le F.L.N.

 Boualem, les harkis au service de la france, Editions france Empire, 1963

 

8 Mai 1957 :

 Rien.

 

9 Mai 1.957:

A Mazouna, près Orléansville, sept assassinés, dont deux institutrices, l'imam de la mosquée et son frère, mufti.

A Oued Fodda, un entrepreneur de travaux publics assassinés.

 

10 mai 1.957:

à Toqueville, Maurice Brochery, 67 ans, égorgé.

à Oran, Christian Delore, en service dans la territoriale, assassiné de trois balles dans le dos, son arme volée.

à Mascara, Alexis Skinadje assassiné.

 

11 Mai 1.957:

Toute la famille Barral le père, 55 ans, la mère 44 ans, un fils de 16 ans et deux filles de 12 et 20 ans sont assassinés dans leur ferme, à 16 kilomètres de la ville.

Les femmes ont été violées puis éventrées, les hommes ont eu le sexe coupé et ont ensuite été égorgé, suivant une procédure maintenant bien au point. Photos ici.

Le F.L.N. interdit sous peine de mutilations aux musulmans de fumer (nez coupé), d'aller au cinéma (oeil crevé) de payer les impôts à l'administration française (main coupée), d'avoir des chiens, de porter des vêtements européens, d'accepter des soins médicaux de médecins chrétiens.

A Rivet, la saisie du journal de marche du chef de la bande F.L.N. locale, si Amar, alias Ain Alouen Mohamed détaille les assassinats effectués sous ses ordres, dont une partie n'était pas connue des forces de l'ordre.

 

12 Mai 1.957:

rien

 

13 Mai 1.957:

 Embuscade à Miliana, 35 militaires tués, 27 blessés, 221 rebelles abattus.

Assassinat du maire de Kolea, Gabet.

Assassinat d'un gérant de ferme, Mougeot.

Dix sept familles musulmanes enlevées à Gambeta.

 

14 Mai 1.957:

Enlèvements et assassinat avec les raffinements habituels de six musulmans pro français, ainsi que du jeune (14 ans) Gabriel, tué dans le car qui le ramenait du lycée chez ses parents à Bordj Menaeil.

Une garde barrière musulmane assassinée avec les fioritures usuelles, la catastrophe entre le train et un tracteur est évitée de justesse.

 

15 Mai 1.957:

 Début de la 4 éme mission de la croix rouge internationale, jusqu'au 6 juillet. La mission constate des sensibles améliorations dans les centres, et n'a pas reçu de plaintes sur les conditions de detention. Par contre elle a enregistré de nombreuses plaints concernant des sevices lors des interrogatoires. La mission a remis une aide materielle (couverture, lait, savon) aux rescapés de Melouza.

Lors d'une embuscade, 9 soldats du 4 ème Dragon sont fait prisonniers. Goasdoue s'évade le jour même de la capture, les huit prisonniers sont vu par lui pour la derniére fois. un cas parmi d'autres selon le bulletin mensuel des paroisses du sud-est Mayennais (de 11.1965): celui de André MESSAGER

Il est né à Grez-en-Bouère le 29 avril 1935. Ses parents, jardiniers horticulteurs au Pont de Meignanne, y ont élevé huit enfants. Il faisait son service militaire comme appelé au 4e régiment de Dragons alors en Algérie, cantonné à Beni Ourtilane et avait participé à des combats particulièrement pénibles et meurtriers dans la région de Corneille.

Le 1l mai 1957, il écrivait à ses parents une longue lettre où il indiquait notamment que la consigne lui interdisait de rien préciser, qu'il se trouvait dans un endroit encore plus dangereux que précédemment, mais qu'il n'y avait pas de mauvais sang à se faire pour lui, qu'il irait bien attention et qu'il s'en tirerait.

Quelques jours plus tard, un télégramme officiel annonçait sa disparition le 15 mai dans la région de Beni Ourtilane. Une lettre du Lieutenant-colonel DE Maupéou commandant le régiment confirme qu'il n'a pas été blessé, mais encerclé et fait prisonnier avec ses camarades après épuisement des munitions le 15 mai, vers 7 heures et que les efforts fait pour le délivrer sont restés sans résultats.

Deux lettres du Brigadier Pierre BEAUDOUIN de Ruillé-Froid-fonds, ami de MESSAGER servant dans la même unité, lettres adressées les 16 juin et le 1er juillet 1957 de Beni Ourtilan à Me Dreux et à M. MESSAGER père, permettent de reconstituer ainsi les événements: Deux agitateurs terroristes avaient été signalés au village de Talmet. Une forte patrouille de 27 dragons, dont faisait partie le brigadier BAUDOUIN et MESSAGER, fut chargée de s'y rendre pour voir la situation et de les arrêter éventuellement. A leur arrivée, peu après 6 heures deux indigènes leurs déclarèrent que les suspects étaient partis depuis peu avec une compagnie d'environ 300 rebelles. Nos dragons supposèrent qu'on leur avait tendu une embuscade et se retirèrent prudemment. En effet, vers 7 h, des rafales d'armes automatiques sifflèrent les rebelles leur avaient coupé la retraite. Pour s'échapper, les dragons se divisèrent en trois groupes. Le premier, avec BEAUDOUIN, fit face et poursuivit une fraction des assaillants qui se dispersèrent après quatre heures de combat autour d'une école. Le troisième, dont faisait partie MESSAGER, épuisa ses munitions et fut encerclé et sommé de se rendre. Un dragon resté blessé derrière un pan de mur, à 20 mètres de ce dernier groupe avait bien entendu les fellaghas leur crier: "jetez vos armes! Nous ne vous tuerons pas. Nous vous emmènerons dans un camp de prisonniers en Tunisie." Ce dragon parvint ensuite à rejoindre le cantonnement.

Nous avons transmis, en 1961, ce témoignage de BEAUDOUIN au Dr Bernard LAFAY de l'Académie de médecine, ancien ministre et sénateur de la Seine. Il l'a cité mot à mot opposé aux déclarations de M. Louis JOXE, ministre des Affaires algériennes à la tribune Sénat au cours de la séance du 8 mai 1962 (débats parlementaires page 170)

André MESSAGER et six de ses camarades furent ainsi prisonniers.

Une dépêche du Ministère des Armées à M. Jean TuRc, député maire de Maine-et-Loir en date du 23 août 1958 indique qu'après l'accrochage de Talmet au matin du 15 mai 195 les 7 prisonniers ont été vus le même jour: A 10 h au village de Djborni, commune de Béni Ourtilane. A 14 h au village de Moussa, commune de Touganatine.

Au cours d'une permission, le brigadier BEAUDOIN a déclaré qu'ils ont été revus en bonne santé dans un village voisin cinq jours après leur capture.

En vue de parvenir au jugement déclaratif de décès, le Ministère des Armées a présenté au Tribunal de Laval un rapport constatant que les prisonniers ont été exhibés dans les villages voisins les mains liées derrière le dos et que le 20 mai, leurs vêtements ont été retrouvés, mais sans les corps. Dans ces conditions, il ne fait plus de doute qu'après avoir emmenés vers l'ouest dans les montagnes de la petite Kabylie et exhibés de village en village, les prisonniers ont été mis à mort sans laisser d'autre trace que leurs vêtements.

Transcription du jugement de décès. Le jugement rendu le 25 avril 1963 constate que le décès est survenu en Algérie entre le 15 et le 20 mai, sans autre précision. Il a été transcrit à l'Etat civil de Grez-en-Bouère le 10 mai 1963.

Valeur Militaire. Une décision de M. Pierre MESSMER, ministre des Armées en date du 1 er octobre 1964, publiée au Bulletin officiel des Décorations du 26-11-1964, a conféré à titre posthume des citations à l'ordre de l'Armée à André MESSAGER et à son camarade Henri GUIMAS de Belligné (44) disparu avec lui. Cette citation comporte l'attribution de la Croix de la valeur Militaire avec palme. L'insigne fut remis à la famille et épinglé sur la poitrine de M. Messager père le 21 septembre par M. LUMEAU, maire de Grez-en Bouère, en présence de l'adjudant MALCEUVRE, chef de la brigade de Gendarmerie.

"Excellent soldat qui servait depuis de longs mois dans un peloton de combat où il avait acquis l'amitié de ses camarades et l'estime de ses chefs. S'était déjà distingué à de nombreuses occasions dans différents combats, tant dans la région de Corneille (Aurès) que dans le Guergour (Petite Kabylie). Alors que son peloton encerclé luttait pendant plus de quatre heures à un contre dix, a trouvé une mort glorieuse le 15 mai 1957 à Talmat (sous-quartier de Beni-Ourtilane Algérie)."

 

16 Mai 1.957:

ratissage en Kabylie, 67 rebelles tués, 139 prisonniers.

Manifestation pro FLN au quartier du ruisseau près d'Alger, la troupe intervient brutalement, 30 morts, 11 blessés. (présentation de la presse) D'après une autre version un terroriste a tué un para et en a blessé un autre, leurs camarades furieux, bien armés et bien entraînés se seraient livrés à une ratonnade passée sous silence.

Morell, policier, assassiné à Blida.

 

17 Mai 1.957:

La famille Amrane est exécutée à Batna, une grande fête vu qu'elle se compose de la mère (35 ans,) et de trois filles de 17, 13 et 9 ans.

 

18 Mai 1.957:

trouvé sur un cadavre :

Juridiction Révolutionnaire condamne tout ouvrier travaillant chez un colon.

Par décision, le commandement de la zone 6 de la région 3 du secteur 2 : Le traître Haoun Mustapha est condamné à mort pour collaboration avec l'ennemi. Exécution et présent arrêt de mort le 18 Mai 1957.

 

19 Mai 1.957:

à Toqueville un agriculteur et son épouse sauvagement assassinés.

 

20 Mai 1.957:

 224 rebelles mis hors de combat au cours de vastes opérations dans le Constantinois et à Bou Zegza.

Deux policiers égorgés (et autre) à M'sila.

 Une femme de 70 ans assassinée à Saïda. Du détail sur ce fait divers laconique pour essayer de faire sentir l'aspect humain de ces drames:

Attaque de Saïda du 20 mai 1957: Extraits du Rapport du Commissaire, Chef de la Circonscription de Police de Saïda à M. le Directeur de la Sûreté Nationale en Algérie à Alger du 30 mai 1957

" Objet: Incursion de rebelles dans la ville de Saïda.

J'ai 1 'honneur de vous rendre compte ci-après, les conditions dans lesquelles, le 20 mal 1957, vers 19 heures, quelques rebelles en tenue kaki et en armes sont entrés dans la ville de Saïda ouvrant le feu sur des passants. Une intervention immédiate des Forces de l'ordre a permis d'abattre deux rebelles, d'en blesser un troisième et de tuer deux complices. Un fuyard a d'autre part été abattu. Un certain nombre de victimes sont à déplorer à la suite de cet événement.

Dans un premier temps : a l'intérieur de la Ville, une femme a été tuée (NDLR : Mme Karsenty) et quatre personnes ont été blessées. Au cours de l'action contre les rebelles; à l'extérieur de la ville, un civil (NDLR : M. Muller) servant de guide à des militaires et un légionnaire ont été tués (NDLR : Légionnaire Kopach). Cinq personnes ont été blessées dont deux civils, un Capitaine et un brigadier-chef de la Sécurité Publique (NDLR : Brigadier-Chef Hernandez). Ce dernier vient également de décéder. Au total donc, on déplore quatre morts et sept blessés. "

 Les Faits et l'Enquête: " Le jour indiqué, la musique de la Légion Etrangère de Sidi-bel-Abbés arrivée dans ce but, donnait de l8h30 à 19h30, un concert public au centre de la ville, sur une place située à côté de la Mairie. Des services d'ordre et de protection avaient été mis en place par la Sécurité Publique et le Centre d'Instruction de la Légion.

Certaines phases de l'action et en particulier les dernières relatées ci-dessus peuvent être précisées après enquête, comme Suit :

~ En ce qui concerne l'action des rebelles en ville, cinq individus habillés en militaire mais ayant revêtu djellabas et cambouches, les laissant apparaître comme de simples promeneurs, s'étaient introduits en ville, arrivant de la région couverte du Sud de la ville. Vers 18 h 30, après avoir traversé les chantiers en construction, ils avaient dépassé de 150 mètres en direction du centre les dernières maisons habitées. Ils avaient alors ouvert le feu puis se seraient rapidement séparés en deux groupes. L'un de deux hommes et l'autre de trois. Quelques musulmans sans armes se seraient tenus non loin, pendant les événements. Postés au croisement de deux rues, chaque groupe continuait le feu sur tous ceux qui se présentaient. Dans le premier groupe se trouve d'une façon certaine une mitraillette. Le deuxième n'avait utilisé que des fusils dont au moins, un de chasse. Mme Karsenty fut ainsi mortellement atteinte par une rafale de mitraillette au moment où elle fermait sa fenêtre. Ce même groupe blessait aussi Mme Diaz, puis M. Gonzales, pendant qu'il faisait marche arrière. Le deuxième groupe blessait Mme Ortega et Mr Perez fut atteint alors que vers l'extérieur de la ville, il circulait en moto.

Dès lors, les rebelles firent franchement marche arrière par où ils étaient arrivés et la poursuite nous permettait d'en apercevoir la plupart au moment où ils quittaient la ville. En ce qui concerne les autres tués ou blessés, ils se situent pendant l'action menée contre les terroristes.

 Le premier atteint fut le brigadier-chef Hernandez qui, en ligne à mes côtés et à 10 mètres, ainsi que les gardiens occasionnels Alberola Alfred et Naar Boufeldja de même que les Sous-brigadiers Meyer et Mira et le Gardien de la Paix Sthelin, a franchi le rideau de haies dans le but de ne pas perdre de vue les fuyards pendant que j'allais m'absenter. Peu après étaient blessés M Garcia et Mme Martinez devant la petite ferme occupée par M Garcia. Le Capitaine Godineau arrivait alors sur les lieux et s'avança sur le pont de l'oued Saïda à 50 mètres plus loin de l'endroit où était tombé Hernandez. Là, il était touché par une balle au moment où M Muller qui s'était proposé comme guide, était tué. Les rebelles s'étaient embusqués de part et d'autre du pont, dans les lauriers bordant l'oued. Un rebelle armé d'un fusil Mas 36 ne tardait pas à être tué, deux autres purent s'échapper mais l'un semble avoir été touché, entrant dans la forêt distante de 40 à 50 mètres seulement. Le lendemain en effet, de nombreuses traces de sang ont été décelées sur les lieux, de même que plus en avant dans la forêt.

Un cinquième et dernier rebelle semble être resté plus en arrière et avoir échappé aux investigations dès sa sortie de la ville. Dans le secteur furent tués également deux complices qui suivaient les rebelles dans leur fuite, ainsi qu'un individu qui n'avait pas obtempéré aux sommations de la troupe. Sur les cadavres des rebelles furent trouvées, en plus des armes, un certain nombre de munitions, mais aucun papier permettant de les identifier. Un essai d'identification par rapprochement s'est révélé infructueux.

 L'armement récupéré est, pour l'un, une mitraillette Thompson en bon état de fonctionnement, avec un chargeur, le tout très usagé et portant de nombreuses traces de corrosion. Le numéro était supprimé par meulage. L'autre rebelle avait un fusil Mas 36 en très bon état, portant le N° PH 87010.

 Les victimes sont finalement au nombre de onze. Quatre personnes sont décédées: Mme Karsenty, M. Muller, Légionnaire Kopach, brigadier-chef Hernandez.

Six autres plus ou moins grièvement blessées par projectiles : Capitaine Godineau, M. Perez, Mme Martinez, M. Garcia, Mme Ortega et Mme Diaz.

 En conclusion, il semble normal de relever, sans d'ailleurs minimiser aucun autre rôle, celui du personnel de la Sécurité Publique et notamment du brigadier-chef Hernandez. L'intervention immédiate et endurante des fonctionnaires cités dans le rapport, a certainement limité l'action des rebelles en ville. Elle a d'autre part conditionné le succès des troupes car les rebellés ne demandaient qu'à s'échapper au plus vite et gagner les couverts tout proche. L'action de la Police les a fixé et a permis leur destruction."

 Un autre policier, celui là musulman, assassiné à Batna.

 

 

21 Mai 1.957:

Le gouvernement Guy Mollet (socialiste) démissionne.

Un bombardier Privater, de la base de Tunis, en mission de surveillance s'écrase dans les Aurés. Cinq des membres de l'équipage sont ejectés; les deux moins blessés aident leurs camarades à se mettre à l'abri dans une grotte et retournent à l'avion ils extraient deux autres blessés. Ils sont surpris par une bande fell  qui les liquide puis fouille les environs sans detecter les trois survivants.

Témoignage d'Yvette Richet-Chambon. Pierrot Chambon, né le 8 août 1937. Ferme Chambon, RN7, entre les Eaux chaudes et Franchetti, le 21 mai 1957.

"Mon père part à Saïda. Mon frère qui doit ramener de la luzerne coupée la veille nous ferme les portes et s'en va avec le tombereau à cent mètres. A peine parti un jeune, que nous connaissions très bien, tape au portillon pour que je lui écrive une lettre. J'avais seize ans, je refuse ne voulant pas ouvrir. Une demi-heure après Madame Martinez, notre voisine arrive en criant :

-"Mme Chambon; Pierrot, Pierrot. ..tous les arabes se sauvent".

Nous courons vers le tombereau. C'était fini: mon frère s'était défendu, son revolver vide, poignardé. Son casque portait la trace d'un coup de marteau (d'après la gendarmerie). Nous avions un cadavre de 20 ans. C'est M. Paès qui a dit à mon père "Partez, il s'est passé quelque chose à la ferme" Et c'est l'un derrière l'autre que les cercueils de M. Muller et mon frère ont rejoint l'Eglise.

I1s étaient cinq pour tuer dont celui de la "lettre" Merzougui Merzoug. Nous avions les noms des quatre autres, nous connaissons la suite: son parcours, leTribunal militaire, son avocat et son retour à Saïda. Il nous a souri en nous regardant."

 

22 Mai 1.957:

 embuscade à Tablat, le 5 ème bataillon de tirailleur algérien perd son capitaine et 15 militaires tués, 8 disparus.

A Francheti un jeune homme assassiné au couteau.

A Tlemcen un militaire du contingent tué de trois balles dans la tête, et un européen, retraité des PTT d'une seule.

A Sétif, assassinat d'un homme.

A Dombasle, un agriculteur assassiné dans sa ferme..

 

23 Mai 1.957:

Deux terroristes guillotinés à Alger, ils avaient été condamnés à mort pour plusieurs meurtres.

Un sous officier assassiné à Alger, un passant à Oran.

Le troisième RPC a tendu une dizaine d'embuscade dans la nuit, pour repérer les auteurs de l'embuscade contre les tirailleurs.

Ils accrochent deux katibas, les hommes sont récupérés sur les points d'embuscade et relargués sur le lieu d'accrochage en hélicoptères, le combat dure toute la journée et se poursuit la nuit, au matin du 24 on relève 96 rebelles tués, 12 prisonniers, 5 tirailleurs ont été libérés, plus de cent armes de guerre sont récupérées. Le 3ème RPC a perdu 8 hommes et a 29 blessés.

 

24 Mai 1.957:

rien.

 

25 Mai 1.957:

 Un boulanger assassiné à Alger.

Des armes en provenance de Tunisie saisies.

 Témoignage de François Cerna, beau-frère de la victime., Yolande Hernandez, née le 18 mai 1939 était étudiante au collège de Mascara. Elle habitait 4, rue Faidherbe à Saïda.

Le 25 mai 1957, veille de la fête des Mères, sur la route de Mascara-Dublineau, 4 jeunes élèves du collège de Mascara (Henri Serrano, Marie-Claire Serrano, Antoinette Hernandez, Yolande Hernandez) qui rejoignaient leur domicile familial en compagnie de l'oncle des frères Serrano (conducteur) ont été lâchement assassinés. L'une d'entre elles Hernandez Yolande qui est morte à l'hôpital, a été scalpée car elle portait un bandeau autour de sa tête. Seule, on remarquait son visage qui avait énormément souffert.

Avec quelle sauvagerie, ces hommes ont assassiné ces jeunes gens qui ne demandaient qu'à s'instruire et à vivre. Son corps a été transféré et inhumé à Sorgues (Vaucluse) en 1967.

 

26 Mai 1.957:

Monsieur Ali Chekkal, vice président de l'assemblée algérienne, assassiné à paris à la sortie du stade de Colombes où il assistait à un match. Son meurtrier est arrêté sur le fait. On trouve ICI comment la quasi totalité des membres du conseil général du nouveau département de Mostaganem ont été à tour de rôle asassinés.

Nombreux attentats en région parisienne, visant des français musulmans.

Le gardien du radio phare de l'aérodrome de maison blanche, assassiné dans son sommeil.

 

27 Mai 1.957:

rien.

 

28 Mai 1.957:

Un sous lieutenant appelé, neveu du maréchal Juin, tué en opération en Kabylie.

Deux hommes assassinés à Oran.

 

Génocide de la mechta Kasba - village de MELOUZA Bilan: 301 morts, 150 blessés.

Motif invoqué : refus de soumission au F.L.N. PHOTOS

Le douar Beni-Ilman est situé à la limite des deux départements de Sétif et de Médéa, à l'extrémité ouest des Monts du Hodna. La mechta -Kasba, qui appartient à ce douar, se trouve à une dizaine de kilomètres à l'ouest du village de Melouza.

Au début de l'après-midi du mardi 28 mai 1957, une bande F.L.N. forte de 80 hors-la-loi, renforcée par de nombreux habitants des environs, prélevés de force, encercle la partie est du douar. Ce petit territoire comporte une population de 3395 habitants groupés en 5 mechtas; son centre est la mechta Kasba où vivent 700 personnes. Les rebelles fouillent chaque mechta, pillent, extirpent les hommes et les jeunes gens qu'ils refoulent jusqu'au lieu du massacre. En fin d'après-midi, tout le monde est parqué dans la mechta, et dès la tombée de la nuit commence l'exécution systématique de tous les hommes présents. Les rebelles les font sortir des gourbis par groupes de 5, qu'ils abattent aussitôt à la mitraillette, puis ils pénètrent dans les maisons et, à la hache, à la pioche, au couteau, ils exécutent et mutilent tous les hommes et les adolescents de plus de 15 ans. Lorsque les forces de l'ordre arrivent, alertées par quelques survivants, les femmes, dont certaines sont devenues folles, et les rares hommes rescapés sont en train d'enterrer les morts. On dénombre 301 cadavres et 150 blessés.

Melouza est un village qui est rallié à Messali Hadj et à son MNA.

Ces action ont été, apprend-on plus tard, décidées par le sanglant Amirouche pour liquider les messalistes. La propagande française bâtira sa communication sur ce type d'action d'une part au niveau international, d'autre part pour rallier les messalistes, aussi bien en algérie qu'en région parisienne où la rivalité fait rage.

Article du Washington Post, du 4 juin 1957. : "L'impitoyable massacre de toute la population adulte du village algérien de Mélouza a rempli d'horreur et de dégoût même notre génération blasée et endurcie. Comment des hommes peuvent-ils se rendre coupables de telles atrocités envers des civils qui ne sont coupables d'aucun crime, qui sont innocents de toute faute, qui n'ont rien à voir avec la lutte révolutionnaire entreprise ? Les mots de "liberté" et "d'indépendance" ne peuvent être invoqués pour excuser de tels crimes.

Les aspirations des nationalistes algériens peuvent être comprises, elles le sont, particulièrement dans notre pays. La politique française n'est pas exempte de fautes et il se peut qu'il en soit de même aujourd'hui. Mais un massacre aussi bestial, aussi cruel ne sera ni compris ni excusé dans n'importe quel pays civilisé où l'on accorde une valeur toute particulière au respect de la vie individuelle. Des excès aussi terribles font du mal à qui ils ont été perpétrés."

New York Times, du 2 juin 1957. : "Le Président de la République française, René Coty, a eu raison d'inviter le monde civilisé tout entier à condamner l'horreur d'actes tels que le récent massacre survenu en Algérie. Ce ne sont pas des Français qui ont été massacrés. Ce sont plus de 300 membres mâles d'une communauté musulmane, qui étaient impliqués dans la lutte pour savoir quelle faction l'emporterait dans le combat pour l'indépendance, certains d'entre eux étant accusés d'avoir recherché la protection française. Il a été montré là, de façon horrible, comment ne doit pas être menée une campagne pour l'autonomie. Des actes de barbarie et de terrorisme tels que celui-là sont de nature à détruire quantité d'arguments raisonnables en faveur d'un statut différent pour l'Algérie. Les terroristes n'ont pas compromis le prestige ou la position de la France. Ils ont compromis leur propre cause anti-française. Les accusations largement répandues contre les "atrocités" des Français, telles que celles qui ont été présentées devant notre Département d'Etat dans un mémoire des pays arabes, ne peuvent plus servir à soutenir cette cause, mais sonnent creux après ce qui vient de se passer. Le nationalisme est une chose, le banditisme et le terrorisme, autre chose.

Nous sommes naturellement enclins à sympathiser avec ceux qui cherchent à élargir le champ de l'autonomie et des libertés personnelles et politiques. Mais cela ne signifie pas que tout déchaînement contre l'autorité constituée soit justifié. Encore moins qu'il puisse y avoir là la moindre excuse pour laisser de côté toute considération du respect humain, de la pitié, de la responsabilité. Tout cela sous le drapeau du nationalisme."

Les temps changent. Tout le monde a oublié. Le FLN a eu raison, si on en juge par les résultats.

 La propagande F.L.N. essaye de porter ces massacres au débit de l'armée française, des salauds et/ou des imbéciles le croient encore:

Cette revue de presse serait incomplète s'il n'était fait mention des opinions accusant la France de ces forfaits. Rien de surprenant dans les commentaires des organes d'information arabes ou communistes :

"Radio-Damas" affirme: "Les organisations fascistes réactionnaires françaises ont organisé les massacres ignobles de Melouza" , et ne manque pas de préciser par ailleurs que le peuple algérien ne veut ni des Français, ni des Américains.

La "Voix des Arabes" et la "Radio de l'Algérie libre et combattante" reprennent en coeur l'accusation, celle-ci avec toute la gamme d'injures dont elle a le secret.

"Al Alam", organe de l'Istiqlal marocain, bien qu'il ait présenté le 3 juin la tuerie comme une expédition punitive du F.L.N., se rétracte le 5 juin et écrit: "Les troupes françaises ont encerclé le village de Melouza et tué 300 civils pacifiques."

En Tunisie, M. BOURGUIBA, le 6 juin, considère que cette affaire "compte beaucoup de données obscures". (Cependant, toute liberté a été donnée aux personnes désirant se rendre sur place pour interroger les survivants.)

"Radio-Moscou" du 4 juin 1957, déclare: "Les accusations de la France contre les nationalistes algériens ont provoqué la stupéfaction du monde entier."

En France, L'Humanité et Libération présentent les accusations du F.L.N. de telle façon que ces deux journaux paraissent les accréditer.

Avec le recul, on constate que ce massacre est le fait de FLN contre des messalistes, mais au moins autant de Kabyles contre des Arabes... En tout cas il a convaincu les messalistes de la necessité de s'allier au moins provisoirement aux français, l'affaire Bellounis en est la meilleure preuve.

Quand le drame est connu en métropole, 168 travailleurs immigrés originaires de la région demandent leur incoporation dans l'armée française et sont mutés en algérie. aux fins de vengeance traditionnelle.

 Le président Coty signe une affiche destinée à être posée dans les douars d'algérie, où il est écrit : "Aux familles qui sont venues se placer sous notre protection je donne l'assurance solennelle que la France, qui veut garantir la sécurité et la justice, ne les abandonnera jamais".

 

29 Mai 1.957:

 rien.

 

30 Mai 1.957:

Un appelé grièvement blessé alors qu'il effectuait une patrouille dans Alger.

Un gérant de ferme assassiné à coup de hache, plus plaisanteries, près de Mascara.

Un agriculteur égorgé par ses ouvriers à Boughirat.

Génocide des communes d'Aïn-Manaa et de Wagram Bilan: 35 morts, 24 blessés. Motif invoqué: désobéissance aux consignes

Les communes d'Aïn-Manaa et de Wagram sont distantes d'une vingtaine de kilomètres de la ville de Saïda, située à l'ouest du département de Tiaret.

Le jeudi 30 mai 1957, à partir de 20 h. 30, une bande rebelle évaluée à une trentaine d'individus rassemble la quasi-totalité des hommes valides des fractions Ouled-Zerrouki et Ouled-Benkhona de la commune d'Aïn-Manaa dans la ferme Sahli-Kodda. Vers 23 heures, 80 personnes environ se trouvent groupées à l'intérieur de la ferme. Les rebelles leur déclarent que des instructions urgentes vont leur être communiquées au nom du F .L.N., puis brusquement bloquent toutes les issues. Ils ouvrent le feu sur leurs victimes et dans une pièce de la ferme achèvent les blessés à coups de hache et de couteau. Ce massacre ne dure que quelques minutes: 27 hommes sont tués, 20 autres blessés; une trentaine de personnes réussissent à s'échapper.

Au cours de la même nuit, vers minuit, un groupe d'une quinzaine de rebelles opère de façon identique, à la fraction Ouled-Sidi-Chérif de la commune de Wagram. Vingt hommes valides sont conduits dans une habitation. Après avoir vérifié que parmi les personnes rassemblées se trouvent des ouvriers de la ferme Coulon et des bénéficiaires de terrains communaux, les hors-la-loi ouvrent le feu: 8 hommes sont tués, 4 autres blessés; les huit derniers réussissent à s'échapper.

Remarque oh combien prémonitoire d'un journal américain : "Si le coup de Melouza a pu déborder toutes les consignes de l'état-major rebelle, il est peu probable que les effets internationaux de ce génocide, bien qu'ils soient en ce moment du moins, négatifs pour eux, les entraînent à renoncer au terrorisme qui commence à inquiéter le monde entier. Ils n'y renonceront pas parce que les chefs rebelles entendent que ce terrorisme et le contre-terrorisme qu'il doit provoquer nécessairement, deviennent, inquiétant l'opinion mondiale, un instrument d'internationalisation du problème algérien. Le drame sanglant de Melouza, pensent et disent tout bas les rebelles algériens, sera oublié, parce que le monde a montré qu'il a peu de mémoire. "

 

31 Mai 1.957:

 Le maire musulman de Mascara, Adda Chentouf, assassiné.

Incendie des stocks d'alfa à Bou Saada, des millions de tonne brulent. Le terrorisme a gagné le grand sud.

Le bilan de la rébellion depuis 1.954 s'établit ainsi:

1.869 incendies volontaires.

78.513 bovins tués ou volés.

814 machines agricoles détruites.

565.700 arbres fruitiers détruits.

12.436.000 pieds de vigne itou.

696 hangars ou bâtiments agricoles détruits.

en plus des assassinats dont il est tenu compte quotidiennement.